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Archives de Catégorie: L’Actualité Economique et Financière

L’actualité économique et financière vue par PRESTATAIRE DU FUTUR

PDF Eco: Normes aberrantes : une maladie française!

Un rapport commandé par Matignon recommande de s’attaquer aux multiples règles, souvent absurdes, qui encadrent toutes les activités. Florilège.

 

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Comment faire pour relancer l’économie quand l’État en est réduit à racler les fonds de tiroir pour réduire son déficit ? En s’attaquant enfin à l’inflation normative concernant les collectivités locales, une véritable maladie française qui entrave leurs investissements. Jean-Marc Ayrault a sonné la charge contre les quelque 400 000 normes identifiées, avec la création d’un commissariat général à la simplification dans le cadre de la Modernisation des politiques publiques (MAP). Mardi, le Premier ministre a commencé à communiquer sur le sujet à l’occasion de la remise d’un rapport commandé fin décembre sur l’inflation normative française à l’ancien ministre de droite Alain Lambert et le maire PS du Mans, Jean-Claude Boulard.

Leur constat est édifiant. En France, « l’accumulation des normes et de la complexité des procédures » rend « le temps des papiers (…) plus long que le temps des chantiers ». Leur stratification finit par générer une véritable « paralysie par le droit ». En cause, non seulement les lois, mais surtout les multiples décrets, arrêtés et circulaires les accompagnant. Depuis 2008, les normes nouvelles auraient coûté quelque deux milliards d’euros, selon la commission consultative d’évaluation des normes.

Au passage, le principe de précaution, inscrit en 2005 dans la Constitution, en prend un sacré coup. Selon les deux auteurs, il est à l’origine d’une « société peureuse, frileuse, paralysée par l’obsession de prévenir tous les aléas ».

La norme la plus dénoncée est sans doute celle qui impose l’accessibilité aux handicapés moteurs de tous les logements des nouveaux projets d’immobilier résidentiels. « Cela part du principe que quelqu’un qui achète un logement qui n’est pas handicapé peut le devenir », témoigne Bruno Corinti, président-directeur général de l’immobilier résidentiel du promoteur Nexity. Cela donne des résultats étonnants : « Quand les prix montent, une des variables d’ajustement, c’est de jouer sur la surface des logements. Il y a quinze ans, on faisait des trois pièces de 75 m2 ; aujourd’hui, ils n’en font plus que 60 ou 58. La réglementation handicapé détermine qu’au moins un sanitaire par logement doit être suffisamment grand pour faire tenir une chaise roulante, soit environ 5 m2 alors que normalement ça tient dans à peu près 1,20 m2. Un client qui a acheté un appartement de 58m2 ne comprend alors pas bien pourquoi son séjour fait 14 m2 quand ses toilettes en mesurent 5… ».

Illustration du rapport par Plantu à la demande des auteurs

En trois mois, les auteurs du rapport, qui se présentent eux-mêmes comme des « chasseurs des normes absurdes », ont eu le temps de recruter des rabatteurs et d’établir un petit palmarès des règles les plus aberrantes. Le voici :

Premier prix

La norme « saucisses, oeufs durs, nuggets ».

Le décret et arrêté du 30 septembre 2011 prescrivent aux cantines scolaires des exigences sur la diversité des plats servis, sur le service de l’eau, du pain, du sel et des sauces ainsi que sur les tailles des portions d’aliments.

Deuxième prix

La norme sur la qualité de l’air.

La loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 prévoit l’obligation de surveiller périodiquement la qualité de l’air intérieur dans certains établissements recevant du public comme les écoles ou… les centres aérés. Avec, bien sûr, son lot de décrets : celui du 2 décembre 2011 relatif à la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans certains établissements recevant du public, celui du 5 janvier 2012 relatif à l’évaluation des moyens d’aération et à la mesure des polluants effectuée au titre de la surveillance de la qualité de l’air intérieur de certains établissements recevant du public sans oublier celui du 5 janvier 2012, qui précise que l’évaluation consiste à :

– vérifier la présence ou non de fenêtres

– vérifier si les fenêtres s’ouvrent facilement

– examiner les bouches ou grilles d’aération…

Et ce n’est pas tout. Un arrêté, toujours en cours de préparation, doit définir les techniques de mesure !

Troisième prix

Les normes sismiques « là où la terre n’a jamais tremblé ».

Depuis le 1er mai 2011, une nouvelle réglementation antisismique s’applique aux nouvelles constructions dans des zones qui n’ont jamais connu de secousses. Une ville comme Le Mans s’est vu imposer des normes constructives plus draconiennes (chaînages et ferraillages plus importants, sections des structures potentiellement plus grandes…). Pour un collège en construction, le redimensionnement des fondations représente un surcoût de 100 000 euros pour les classes et de 60 000 euros pour le restaurant.

Le rapport relève encore quelques autres perles, comme les normes d’accessibilité handicapé appliquées… aux vestiaires des arbitres de foot ou à l’intégralité des logements étudiants ou de gendarmes. Et quand on veut revenir en arrière, on ne peut pas : un arrêt du Conseil d’État du 21 juillet 2009 a par exemple annulé un arrêté destiné à limiter à 5 % les logements accessibles dans les résidences…

 

PDF Eco: Au secours, les années 30 sont de retour !

La période que nous vivons est malheureusement comparable aux sinistres années 30. Si les mêmes maux produisent les mêmes effets, le pire est à venir.

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La crise dont on ne voit pas le bout. Le ras-le-bol envers les politiques discrédités. La montée des extrêmes de tout poil… De quelle époque parle-t-on ? D’aujourd’hui ou de ces années 30 qui chaque fois qu’on les évoque vous ont un petit air de menace, car l’on sait trop bien comment elles se sont terminées ? Sans jouer la politique du pire, il faut reconnaître que les ressemblances sont assez troublantes pour qu’on y regarde de plus près.

Un interminable marasme

Dès 2008, la crise des subprimes et le dévissage incontrôlé et irresponsable des banques, on a brandi le spectre de la crise de 1929 et de son krach boursier. Qu’en est-il cinq ans après ? LaFrance des années 30 a subi, mais moins fortement que ses voisins anglais, italien ou allemand, la répercussion d’une crise mondiale. Les raisons ? La faible industrialisation d’une France encore archaïque et largement rurale (35 % en 1931), moins affectée par une récession qui touchait justement les investissements industriels. La croissance des années 20, très importante ailleurs, ayant été moindre aussi en France, pays de la gestion père de famille, notre pays tombe aussi de moins haut. Cette France-là, qui pratique encore le protectionnisme, ne connaît pas les millions de chômeurs, elle peut compter aussi sur un État fort qui, avec l’arrivée du Front populaire, va mener quelques réformes structurelles, sans rapport certes avec l’amplitude d’un New Deal américain, mais qui témoigne d’un État volontaire. Dans la crise d’un système libéral, proche de la crise des années 2000, on disposait encore d’un gros joker, l’État, qu’on commençait à envisager, dans le cadre d’une intervention lourde sur l’économie.

La crise est bien plus profonde aujourd’hui : chômage massif, déséquilibre chronique entre la production de richesses, les dépenses et la redistribution, désengagement d’un État exsangue et dépassé – malgré certaines mesures comme la création de la BPI -, dépendance envers les pays étrangers pour les flux, envers l’Europepour les objectifs de politique économique (déficit…)

Pourtant, la politique de « déflation » mise en place à la fin des années 30 n’est pas sans rappeler la crise d’austérité que François Hollande impose graduellement à la France sans en prononcer le nom. Et l’on constate que les débats fiscaux actuels sont déjà en place : à droite, on reprochera à un Front populaire prodigue de s’en prendre aux « 200 familles » – les 75 % de Hollande – pour nourrir grassement des fonctionnaires pléthoriques ; à gauche, on entend ponctionner les « gros ».

Un même esprit ?

Il y eut « l’esprit des années 30 » tel que le définit l’historien Serge Berstein (La France des années 30, éditions Armand Colin). Refus du libéralisme à la française, constat d’une crise de civilisation, attirance vers d’autres modèles, communiste ou chrétien – en 1932, le personnaliste Emmanuel Mounier fonde la revue Esprit. C’est la décennie d’une avant-garde qui pratique la table rase, veut repenser la société de fond en comble. Mais ce vent nouveau cohabite avec une frange importante de la population, passéiste, protectionniste, qui regarde en arrière, vers la Belle Époque, – son mythe naît dans les années 30 -, une France bourgeoise, jouisseuse et sécurisée, éternelle. Par où l’on voit que la France bloquée, frileuse, ne date pas d’aujourd’hui.

Cette fin de cycle, mutatis mutandis, évoque certains constats actuels, liant économie et capacité d’innovation, de plus en plus largement relayés : l’Europe est un très vieux continent, en voie de sous-développement ; la richesse, l’avenir, la croissance, sont réservés à d’autres horizons, d’autres civilisations. C’est à une refonte intégrale que la France est invitée : certains avancent déjà d’autres modèles – écologique, participatif -, mais à l’évidence, on semble en France bien plus essoufflé, à court d’idées, que dans les années 30. Pour le moment, les solutions les plus nettes sinon précises sont proposées par des forces protectionnistes, régressives – à droite, avec Marine le Pen, à gauche, avec Jean-Luc Mélenchon qui, par sa véhémence, aurait trouvé sans mal sa place dans les années 30 – chantant une France repliée sur elle-même, variation sur une vieille antienne. L’ambiguïté court au sein même du gouvernement puisqu’un des opposants les plus virulents à la mondialisation, Arnaud Montebourg, est devenu le ministre du Redressement national.

Le discrédit des élites

« À bas les voleurs ! » : le slogan de la manifestation monstre du 6 février 1934, où se mêlaient dans un joyeux désordre anciens combattants, camelots du roi et forces attirées par le fascisme, visait avant tout les politiques impliqués dans l’affaire Stavisky, qui venait de « se suicider d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant ». Ses nombreuses protections auprès des élus, mais aussi auprès des banques, déjà dans le viseur de la presse et de l’opinion publique, exaspèrent une grande partie de la population. Ce n’est pas le premier scandale politico-financier de l’époque (cf. affaire Hanau). Mais avec l’affaire Bettencourt, l’affaire Woerth, l’affaire Cahuzac et un ancien président mis en examen, la France des années 2010 a-t-elle des leçons de morale à donner à son ancêtre ? Ne serait-on pas en droit de crier : à bas les menteurs ! À bas les voleurs ! La colère sociale, doublée d’un écoeurement moral, gronde. Mais petit rappel : cet écoeurement fit aussi jadis le lit d’une idéologie anticapitaliste et antidémocratique qui prit la main sous Vichy, avec une volonté de moraliser à outrance la France à tous les niveaux. Attention avec la vertu : tombée aux mains de fanatiques, elle a souvent débouché sur des lendemains assassins.

Les années 30 sont donc ce moment de l’histoire de France où la république cesse définitivement d’être une mystique, pour reprendre l’expression de Péguy l’écorché, qui avant tout le monde avait diagnostiqué ce deuil et ce naufrage. C’est une lapalissade, mais les années 30 préparent 1940. Durant cette décennie, les déçus de la République vont rejoindre les ligues, les associations d’anciens combattants : on se détourne des partis, mais on se réunit encore dans des groupes politisés, à la différence des années 2010 où l’engagement est moins politique que citoyen ou social.

Errances sur la scène internationale

Dans les années 20, la France avait oscillé entre la fermeté à l’égard de l’Allemagne – l’occupation de la Ruhr – et la conciliation – l’esprit Briand. C’est finalement cet esprit qui l’emporte, notre pays s’alignant sur un allié anglais jouant l’apaisement face au danger hitlérien. Deuxième erreur commise : plutôt que de se rapprocher de l’URSS, un moment intéressée, on joue (Laval) la carte italienne, qui est une carte truquée : en 39, on aura tout faux. L’URSS s’allie à l’Allemagne, de même que l’Italie. Hormis sur le couple franco-anglais, la politique internationale est un désastre qui ne nous protégera pas d’une catastrophe militaire.

Aujourd’hui, les enjeux sont bien entendu très différents. Mais la France, dans le couple franco-allemand qui menait l’Europe, a perdu complètement la main. De partenaire respecté, elle a rétrogradé au stade de l’élève en faute qui attend la prochaine réprimande. Seul sursaut possible à même de redorer le blason terni en Europe : l’intervention sur le continent africain (Libye, Mali), où le vestige séduisant d’une politique coloniale se combine à l’écho assourdi d’une France défenseur des droits de l’homme. Le bilan, pour l’heure, est moins accablant.

La montée des extrêmes

Non, il n’y a pas eu de fascisme à la française dans les années 30. Serge Berstein l’a bien montré : l’essor des ligues n’est qu’une résurgence de l’esprit nationaliste de Boulanger, légèrement repeint au folklore mussolinien, qui a pris racine de l’autre côté des Alpes. Mais idéologiquement, on est loin du compte. Il n’en demeure pas moins une montée très violente des thèmes xénophobes que le gouvernement Reynaud avalisera en prenant en 1938 des décrets-lois très durs envers la population fraîchement immigrée. Ces décisions font écho à un état d’esprit présent dans la population et sont les prémices de la politique xénophobe de Vichy.

L’insécurité, financière, identitaire, sociale, tarte à la crème de notre époque, est un thème qui surgit, habilement exploité, dans les années 30. Cette droitisation de la vie politique – vraie dérive de ces années 30 qui voit l’Assemblée élue pour le Front populaire en 1936 voter les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 – a largement été diagnostiquée depuis quelques années, que ce soit à l’UMP, mais même aussi, à présent, au PS. Si les nationalistes des années 30 désignent comme ennemi principal les communistes internationalistes, fossoyeurs de la France, aujourd’hui, le réflexe identitaire a une autre cible: l’Europe et son fédéralisme. La cible a changé, mais le discours et l’objectif sont restés les mêmes. Affaire à suivre…

 

PDF Eco: TPE-PME : 63 000 entreprises menacées de faillite d’ici la fin de l’année!

Selon des chiffres dévoilés par RMC, 63 000 TPE et PME risquent de faire faillite d’ici la fin de l’année, mettant au chômage 300 000 personnes. Une situation qui empire, entre autres à cause de problèmes de trésorerie.

 

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Continental, Goodyear, les grandes entreprises à fermer des sites sont nombreuses, mais elles ne doivent pas cacher une autre réalité : 63 000 petites et très petites entreprises risquent de mettre la clé sous la porte d’ici la fin de l’année, entrainant dans leur chute 300 000 personnes, salariés et petits patrons. Ces chiffres, dévoilés pour la première fois par RMC, ont été réunis par le Cerf, (Créateurs d’emplois et de richesses de France), un syndicat de TPE qui regroupe 3 000 adhérents.

« On va encore augmenter le nombre de défaillances »

Président du Cerf, Hervé Lambel tire la sonnette d’alarme : « Les salariés plus leurs dirigeants, ce sont 300 000 personnes » menacées selon lui. « Sur l’année 2012, on était un peu plus de 200 000 auxquels il faut rajouter à peu près 60 000 chefs d’entreprise. Là, on va encore augmenter le nombre de défaillances. Et aujourd’hui, ça augmente aussi en taille : c’est-à-dire que ça ne concerne plus uniquement des TPE, mais on a encore plus de moyennes entreprises et d’entreprises de 2 000 ou 3 000 salariés qui sont impactées par cette crise ».

« Ma crainte, c’est que ces phénomènes s’amplifient »

Pierre Pelouzet est médiateur des relations inter-entreprises auprès du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Il incite les clients des entreprises à honorer leurs factures et pour lui, c’est sûr, la situation des petites entreprises ne s’améliore pas. « Mon premier indicateur, ce sont les problèmes de retard de paiement, qui deviennent catastrophiques. Quand vous devez payer une PME, on voit 30 jours de retard, il y a un an c’était 9 jours. A l’heure actuelle, il y a 11 milliards d’euros qui devraient être dans les caisses des TPE et PME et qui n’y sont pas à cause de ces retards de paiement ». Et Pierre Pelouzet n’est pas très optimiste pour cette année 2013 qui s’annonce morose : « Ma crainte, c’est que ces phénomènes s’amplifient. Mettre à mal ces entreprises pour des problèmes de trésorerie à court terme, c’est une catastrophe ». Pour éviter ce genre de problèmes, la Banque publique d’investissement problème de palier aux retards de paiement,a annoncé Ségolène Royal.

 

IMPÔTS: Comment le gouvernement va trouver 6 milliards d’euros pour 2014

Malgré la promesse de trêve fiscale avancée par François Hollande, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a admis lundi qu’il faudrait trouver « six milliards d’euros de recettes supplémentaires » l’an prochain. Pas de hausse d’impôts pour 2014 rassure le PS.

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Hier lundi, le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac a admis qu’il faudrait trouver « six milliards d’euros de recettes supplémentaires » l’an prochain pour compenser des rentrées d’argent attendues en 2013 mais qui ne se renouvelleront pas au-delà : « Des économies dans la dépense publique sont inévitables, nous avons commencé à en faire, nous continuerons à en faire, [mais] on ne peut se permettre d’avoir 6 milliards d’euros de recettes en moins par rapport à 2013. Il faudra donc les compenser », a-t-il martelé.

« Hausse d’impôts ou réduction de niches fiscales »

Le Parti socialiste, par la voix de sa porte-parole Frédérique Espignac, s’est efforcé d’éteindre le feu en réaffirmant que des économies budgétaires étaient indispensables mais qu’il n’y aurait pas de hausse d’impôts pour l’année 2014. Pourtant, selon l’économiste de l’OFCE Mathieu Plane, le gouvernement ne pourra pas éviter de nouvelles hausses d’impôts : « C’est obligatoire, le gouvernement doit trouver 6 milliards d’euros de nouvelles recettes fiscales, et donc bien sûr soit augmenter de nouveaux impôts, soit réduire certaines niches fiscales. Il y a notamment la question de la fiscalité de l’épargne,la fiscalité écologique, celles autour des plus-values, sur les successions… Il y a un certain nombre de choses qui sont évoquées et potentiellement envisageables, mais pour le moment rien n’est arrêté. En tous cas, 6 milliards d’euros, c’est pas négligeable ».

Du jamais vu sous la Ve République

Malgré la promesse de François Hollande, on se dirige tout droit vers de nouvelles hausses d’impôts l’année prochaine, alors que 2013 bat déjà tous les records. Les impôts devraient atteindre cette année 46,3% de la richesse produite. Du jamais vu sous la Ve République. En cause, la dette, bien-sûr, amplifiée par la crise, qui oblige l’Etat à réduire ses dépenses et à augmenter ses recettes, c’est-à-dire les impôts. Cette escalade fiscale avait commencé dès la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais la faible croissance a obligé le gouvernement à accélérer la cadence : impôt sur le revenu, taxe sur le tabac, impôts sur les sociétés… Au final, la pression fiscale a augmenté de près de 30 milliards d’euros depuis l’élection de François Hollande. Insuffisant toutefois pour remplir l’objectif de 3% de déficit à la fin 2013, voire même 2014. Il faudra donc trouver de nouvelles recettes.

 

PDF: Economie française la triste réalité!

 

Le PDG de Titan tacle les « soi-disant ouvriers » de Goodyear Amiens.

Le délégué CGT se dit « insulté ».

L’info. Le style est direct et même… explosif. Le PDG de Titan international, société américaine spécialisée dans la fabrication des pneus agricoles notamment, qui a renoncé à reprendre l’usine de pneus Goodyear d’Amiens-Nord, raille dans un courrier adressé au ministre du Redressement productif « les soi-disant ouvriers » qui « ne travaillent que trois heures ».

La lettre du PDG de Titan est sans appel! La société française va t-elle ouvrir les yeux sur le monde ou continuer à penser que le reste du monde n’existe.

 

 

 

 

 

PDF: Le crédit Agricole, la banque qui investit dans votre région!

Crédit Agricole : perte record de 6,47 Mds

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La banque Crédit Agricole SA a dévoilé mercredi une perte nette record de 6,47 milliards d’euros sur son exercice 2012 et annoncé un nouveau plan d’économies de 650 millions d’euros à l’horizon 2016.

C’est le deuxième exercice déficitaire pour l’entité cotée de la banque verte, qui avait déjà affiché une perte nette de 1,47 milliard d’euros en 2011. Sans surprise, le conseil d’administration a décidé de ne pas proposer le versement d’un dividende, ce pour la deuxième année de suite également. A la différence de 2011, où le groupe dans son ensemble était resté bénéficiaire, l’ensemble de la banque intégrant 100% des caisses régionales est également en perte, à 3,80 milliards d’euros.

Sur le seul quatrième trimestre, la perte nette de Crédit Agricole SA atteint 3,98 milliards d’euros, soit plus que le consensus d’analystes établi par l’agence Bloomberg, qui tablait sur 3,69 milliards. A l’ensemble des éléments exceptionnels est, en effet, venu s’ajouter, début février, le refus de l’administration fiscale de permettre à la banque de déduire la perte constatée sur la cession de sa filiale grecque Emporiki. Cette décision a eu pour effet d’alourdir de 838 millions d’euros l’impact de la cession d’Emporiki, que Crédit Agricole avait chiffré à seulement 706 millions dans la facture de ses exceptionnels. Celle-ci comprenait déjà notamment 2,67 milliards de dépréciations d’écarts d’acquisition (goodwill) et 837 millions liés à la réévaluation de la dette de la banque. « Nous avons tourné la page et profondément transformé le groupe », a déclaré le directeur général, Jean-Paul Chifflet, lors d’une conférence téléphonique.

En marge de la publication de ses résultats, Crédit Agricole SA a annoncé mercredi le lancement d’un nouveau plan portant sur l’informatique, les achats et l’immobilier qui doit permettre d’économiser 650 millions d’euros sur l’ensemble du périmètre de la structure cotée.

Le communiqué ne précise pas quel pourrait être l’impact éventuel sur l’emploi. En 2012, la banque avait mené un plan d’adaptation qui avait entraîné la suppression d’environ 2.300 postes au sein de ses filiales CA CIB (banque de financement et d’investissement) et CA consumer finance (crédit à la consommation).

La banque Crédit Agricole SA a annoncé mercredi le lancement d’un nouveau plan portant sur l’informatique, les achats et l’immobilier qui doit permettre d’économiser 650 millions d’euros sur l’ensemble du périmètre de la structure cotée à l’horizon 2016.

L’établissement ne précise pas dans son communiqué quel pourrait être l’impact éventuel sur l’emploi. En 2012, la banque avait mené un plan d’adaptation qui avait entraîné la suppression d’environ 2.300 postes au sein de ses filiales CA CIB (banque de financement et d’investissement) et CA consumer finance (crédit à la consommation).

 

PDF: Le gouvernement et la croissance!

Une croissance révisée, ça change quoi ?

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François Hollande a confirmé mardi que la France n’atteindrait pas son objectif de 0,8 %.

L’INFO. Après des mois à marteler que la croissance de l’économie française serait bien de 0,8% malgré le scepticisme de tous les économistes, le gouvernement a effectué mardi un douloureux correctif : oui, la croissance française sera moins élevée qu’annoncé. Initialement prévue à 1,2% puis revue à 0,8%, l’hypothèse de croissance oscille désormais entre 0,2 et 0,3%. Un changement qui n’est pas sans conséquence.

Laurent Fabius© REUTERS

• Ce qu’en dit le gouvernement. « On va être obligés de la revoir en baisse », areconnu mardi Laurent Fabius sur RTL. Interrogé sur l’hypothèse d’une croissance de 0,2 à 0,3%, le ministre des Affaires étrangères a ajouté : « c’est autour de ce chiffre ». Le ministère de l’Economie Pierre Moscovici, n’a pas tardé à réagir, martelant que la nouvelle prévision n’était « pas encore arrêtée », sans pour autant démentir Laurent Fabius. Le Premier ministre lui a emboité le pas, déclarant laconiquement : « la Commission européenne dira vendredi quelles sont les prévisions de croissance pour la France et pour chacun des pays de l’Europe et le gouvernement annoncera ensuite les décisions qu’il prendra ». Mais quelques minutes plus tard, François Hollande a confirmé à Athènes que la France n’atteindrait pas son objectif de 0,8 % de croissance en 2013.
>> A lire aussi : Ça cafouille sur la croissance

• « C’était un secret de polichinelle ! ». Cet aveu du numéro deux du gouvernement n’a pas vraiment surpris les observateurs, et notamment Jacques Attali. « C’était un secret de polichinelle ! Depuis très longtemps, les agences, instituts de conjoncture, la Commission européenne, parlaient de 0,2, 0,3, certains disent même -0,5% », a-t-il réagi sur Europe 1. « Ça ne fait que confirmer que le redressement de la situation de l’Europe dans son ensemble est loin d’être au tournant », a ajouté l’économiste.

UN CHIFFRE ENCORE ABSTRAIT, DES CONSÉQUENCES BIEN CONCRÈTES

Jusqu'où grimpera le chômage ?© MAXPPP

• 64.000 chômeurs supplémentaires.Avec une prévision de croissance rabaissée de 0,5%, il est certain que l’économie ne créera pas de nouveaux emplois. Pire, elle risque d’en perdre : « lorsque vous perdez 1% de croissance, cela se traduit par 160.000 suppressions d’emplois », décrypte pour Europe1.fr Eric Heyer, économiste à l’OFCE. La nouvelle prévision de croissance est donc synonyme de 80.000 emplois supprimés, soit au moins 64.000 chômeurs en plus, en vertu de l’effet de flexion. Dans ce contexte, l’objectif de François Hollande d’inverser les courbes du chômage d’ici la fin de l’année parait compromis.
>> Michel Sapin : le chômage, une « bataille sur la durée »

• 9 milliards d’euros en moins dans les caisses de l’Etat. Moins d’activité économique, c’est aussi moins de recettes fiscales pour un Etat déjà au régime pour limiter ses déficits. « Un demi-point de moins de croissance, c’est 9 à 10 milliards (d’euros en moins pour l’Etat) », a précisé Stéphane Le Foll, mardi sur Europe 1. La France risque donc de ne pas respecter son engagement de limiter son déficit à 3% en 2013, ce qu’a déjà laissé entrevoir Laurent Fabius en déclarant « que c’est probable » que la France ne tienne pas ses promesses en la matière.
>> Zoom : Comment l’Etat entend faire des économies

Les Allemands aimeraient sortir de l'euro© MAXPPP

• Un nouveau tour de vis en perspective ? Si le gouvernement tient à respecter la feuille de route européenne, les solutions sont limitées : réduire les dépenses ou augmenter les recettes, c’est-à-dire les impôts et les taxes. Le gouvernement va-t-il donc annoncer denouvelles mesures pour trouver une dizaine de milliards d’euros ? « Si ce sont des économies sur les investissements, non, mais des économies sur le fonctionnement oui, que ce soit au niveau de l’Etat, au niveau des collectivités, au niveau de la Sécurité sociale », a répondu Laurent Fabius. Réponse fin mars, lorsque le gouvernement présentera son correctif budgétaire au parlement et sa feuille de route à la Commission européenne.

 

 

PDF: la pression fiscale française fait débat

logo PDFUne petite devinette : dans quel pays les 1% les plus riches paient-ils 41% de l’impôt sur le revenu et les 5% les plus riches  paient-ils  plus de 65% ?

Une autre devinette : dans quel pays les plus-values sont-elles  taxées au même taux que les salaires?

La pression fiscale française fait plus que jamais débat

La pression fiscale française fait plus que jamais débat

Ne cherchez pas, ces deux pays sont un seul ; et ce n’est ni la France, ni la Suède,  ni aucun pays à forte fiscalité mais la Californie.

Seulement voilà : le taux d’imposition en question n’y est que de 10%! Et même si un candidat au poste de gouverneur aux prochaines élections de novembre, l’ancien gouverneur Jerry Brown, propose de relever ces taux, il ne propose que d’aller jusqu’à 13%.

Certes, la Californie n’est pas un pays à proprement dit ;  et ses finances publiques ne sont pas en meilleur état que celles des pays européens ; de plus, une part importante de ce que la fiscalité finance en Europe y est prise en charge par les assurances privées, qu’il faudrait ajouter aux prélèvements obligatoires, pour comparer ce qui doit l’être. Il n’empêche : la Californie reste l’endroit sur la planète où la création de richesses est la plus élevée, et où se précipitent tous les capitaux et tous les entrepreneurs du monde, à la recherche d’un financement pour leur projet. Et les entrepreneurs ainsi attirés paient alors beaucoup d’impôt : en l’an 2000, quand Google a été introduit en Bourse, 8 de ses créateurs ont payé en Californie, un milliard de dollars d’impôt.

Le problème avec le budget français n’est donc pas la structure de l’impôt sur le revenu,  qui n’est pas en soi condamnable : on peut taxer les plus-values et les revenus du capital comme le travail ; mais  à condition que les taux ne soient pas confiscatoires. Or, en France, ils le sont.

Personne ne peut avoir envie de travailler  ni choisir d’investir dans un pays qui lui prend les deux tiers de ce qu’il gagne avec son travail ou avec son investissement. Si de tels taux sont mis en place, la France verra partir ses entrepreneurs, ses cadres, et les centres de direction des entreprises.

Qu’on ne s’y trompe pas : les principales entreprises dites « françaises » n’ont  déjà plus de français que la localisation de leurs centres de commandement et leurs  principaux cadres ; leurs principaux actionnaires ne le sont  déjà plus depuis longtemps. Si ces cadres décidaient maintenant, pour des raisons fiscales, de partir à l’étranger, ils seront bientôt remplacés à leurs postes par des étrangers et on découvrira que Renault, Danone, Total, et tant d’autres n’ont, depuis longtemps, plus rien de  français. Et il ne faudra pas alors s’étonner si leurs nouveaux dirigeants ne considèrent plus comme prioritaire de sauvegarder les emplois en France. La fiscalité risque donc d’accélérer la délocalisation des entreprises contre laquelle elle est supposée lutter.

Il est donc plus  important de baisser ces taux confiscatoires que de modifier la  structure de l’impôt.   Et si l’on veut renforcer la justice sociale, ce n’est pas en taxant ceux qui créent des richesses qu’on y parviendra, mais en la reprenant, comme en Californie, au moment de la transmission aux générations suivantes.

Baisser l’impôt sur le revenu du travail et de l’épargne ; augmenter les droits de successions ; c’est la recette assurée pour le succès économique. C’est exactement le contraire de ce que font tant la gauche que la droite en France, où les élites, plus soucieuses de protéger les situations acquises que de promouvoir les nouveaux venus, organisent avec entêtement le suicide fiscal du pays.

 

PDF: les prévisions Eco sont catastrophiques

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Faillites : de plus en plus d’entreprises connaissent la crise!!!

Les défaillances d’entreprises ont progressé de 4,8% en octobre 2012, par rapport au mois précédent. Les entreprises de transport et d’activités immobilières sont les plus touchées.

© AFPToutes entreprises confondues, les PME enregistrent le plus gros poids en terme d’encours de crédits

Le nombre d’entreprises ayant mis la clé sous la porte a progressé de 4,8%, avec  5 334 cas au mois d’octobre 2012 par rapport au mois précédent, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO), selon les statistiques annoncées lundi par la Banque de France. En cumul sur douze mois (données brutes), le nombre des défaillances a également progressé à fin octobre, se montant à 60 448 entreprises, par rapport à fin septembre (59 575 entreprises), soit une hausse de 1,5%. Par rapport à octobre 2011, elles ont augmenté de 1,6%.

La construction et l’agriculture s’en tirent mieux

« Peu de secteurs sont épargnés » souligne la Banque de France. On note une progression sur un an en particulier dans les transports (+15,1% à 2 018) et les activités immobilières (+11,8% à 2 046), devant l’hébergement-restauration (+5,9% à 7 138) et les activités financières et d’assurance (+3,1% à 1 172).
En revanche, la construction, plus solide, a enregistré un recul des défaillances sur un an de 0,8% à 14 482 (après -2,9% fin septembre 2012) tout comme l’agriculture, la sylviculture et la pêche,  où elles ont baissé de 2,6% à 1 222.
Concernant les crédits, les PME sont surreprésentées : « Le poids dans les encours de crédits des entreprises défaillantes représente 0,5% du total des encours de crédit collectés par la Banque de France  […] Par taille d’entreprises, les PME défaillantes ont un poids supérieur à celui des autres entreprises, dans leurs catégories respectives », précise l’institution.
Mais c’est du côté des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des grandes entreprises que les défaillances sont les plus importantes. Elles ont grimpé de 48,1% à 77 en cumul sur douze mois à fin octobre, tandis que celles des PME ont crû de 1,1%, à 56 600, sur la même période.
Et de nombreuses sociétés vont encore plier boutique. La Banque de France pronostique des défaillances en hausse  de 0,6% pour les PME et de 32,7% pour entreprises plus grandes en novembre 2012. Des prévisions qui interviennent le jour où l’entreprise Virgin dépose le bilan.
L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a annoncé vendredi qu’il interrompait la diffusion des données sur les défaillances d’entreprises, estimant que celles fournies par la Banque de France étaient « plus récentes et plus complètes ».

 

PRESTATAIRE DU FUTUR publie l’article du Nouvel Observateur sur l’Exil fiscal

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PDF: comme dans les heures les plus sombres de la France, les temps actuels sont à la délation et au jugement!

Exilés fiscaux : les stars qui s’en vont, celles qui restent…

Comme Gérard Depardieu, domicilié en Belgique, de nombreux artistes, écrivains, sportifs, menacent de quitter la France. Ou sont déjà partis…

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Après l’annonce de l’installation de Gérard Depardieu en Belgique, plongée dans le monde de nos riches vedettes, effrayées par la taxe à 75% sur les hauts revenus promise par François Hollande. Qui part, qui reste ?

(Article publié dans « le Nouvel Observateur » du 12 juillet 2012)

Ils portent haut les couleurs de la France. Leurs succès sont drapés de tricolore et font résonner « la Marseillaise » d’un bout à l’autre de la planète. Ils vendent des millions de disques ou de livres, se font acclamer par des foules en liesse. Ils amassent des fortunes et sont la fierté de notre pays. Et pourtant, ils lui manquent. Car ils ont décidé de payer leurs impôts ailleurs, loin de cette patrie qui leur a donné une chance de faire éclore leur talent. A quelques exceptions près, ils ne font rien d’illégal. Pour la plupart, ce ne sont même pas des fraudeurs, tout juste des fuyards.

Hallyday, Houellebecq, Tsonga, Pagny…

Johnny Hallyday, Michel Houellebecq, Jo-Wilfried Tsonga et bien d’autres ne sont pas des délinquants. Ils ont même des circonstances atténuantes. On peut comprendre qu’une vedette qui a réussi matériellement rechigne à reverser une énorme partie de ses revenus à l’Etat. On peut compatir au triste sort de ces ultrariches qui se disent ainsi spoliés. De Michel Polnareff à Françoise Hardy, en passant par Florent Pagny ou notre ex-Marianne, Laetitia Casta, elle est longue, l’histoire de ces conflits opposant quelques fortunés au fisc.

C’est en 1914, lors du déclenchement de la guerre, et à l’instigation de Joseph Caillaux, que l’impôt sur le revenu, proportionnel aux gains de chacun, a vu le jour en France. La date est symbolique de l’effort de solidarité nationale ainsi demandé à ceux qui étaient en mesure d’y répondre. Aujourd’hui, alors que tant de sacrifices sont réclamés aux Français, comment tolérer ces étoiles filantes qui s’en vont prospérer dans des contrées plus accueillantes ? La rigueur pour tous et l’exil pour quelques-uns ?

« Patriotisme fiscal »

Nicolas Sarkozy lui-même, ce président qui avait commencé son mandat en choyant les puissants, avait fini par s’en émouvoir pendant la campagne présidentielle. En 2007, il avait allégé massivement l’ISF pour faire revenir en France nos riches expatriés. La « jurisprudence Johnny » ne s’est pas concrétisée et, cinq ans plus tard, Sarkozy a fini par envisager la création d’une taxe sur les revenus des exilés fiscaux.

Ce « patriotisme fiscal », ce fut justement l’un des refrains du candidat François Hollande, sans doute l’une des clés de son succès. La droite s’était arrogé depuis quinze ans le totem de la défense de la patrie à force de renchérir sur les questions d’immigration et d’insécurité. Le socialiste a réussi à ramener ce combat à sa place d’origine, celle du moins que lui avait donnée la Révolution française. Il a restauré le patriotisme de gauche en brandissant l’impôt comme un nouvel oriflamme républicain indispensable au « redressement dans la justice ».

Le 3 juillet, son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé devant l’Assemblée : « Le patriotisme, ce n’est pas fuir la France pour les paradis fiscaux et laisser à ceux qui restent le poids de l’effort ! » Le chef du gouvernement a même pris les accents de Danton à la tribune de la Convention, à la veille de la bataille de Valmy, pour en appeler à la « mobilisation générale » face à la crise. Nos stars exilées accepteront-elles encore longtemps de passer pour des déserteurs ?

Chanteurs, acteurs : salut les artistes !

Pas facile d’être un acteur engagé ou un chanteur rebelle et de critiquer l’impôt. Pourtant, le show-biz est en ébullition depuis l’annonce des réformes fiscales de François Hollande. Quelques voix ont même dénoncé une forme de racket à venir. Parmi les indignés, Françoise Hardy, convaincue qu' »avec un revenu hypothétique de 150.000 euros par an » elle ne pourra pas payer ses 40.000 euros d’ISF sur son appartement de l’avenue Foch, à Paris, estimé à plus de 2 millions d’euros. « J’ai mis vingt-cinq ans à finir de le payer », s’offusque-t-elle. Alors, elle a décidé de vendre. « Je suis révoltée, ça me mine, je vais sans doute devoir le céder au tiers de sa valeur. »

Patrick Bruel, lui, ne digère pas la taxe à 75% que le chef de l’Etat veut instaurer pour ceux qui gagnent plus d’un million d’euros par an : « C’est limite confiscatoire et spoliateur. » Concerné, lui qui cumule ses droits de compositeur-interprète, ses cachets d’acteur et ses gains dans les tournois de poker, Bruel n’envisage pas pour autant de fuir la France. Il répète qu’il continuera d’y payer ses impôts. D’autres s’éclipsent en toute discrétion.

Officiellement, jamais à cause du fisc mais pour profiter du grand air suisse, du calme bruxellois ou de l’anonymat du London way of life. Ainsi, Dany Boon (7,5 millions d’euros de revenus en 2011) assure s’être installé à Los Angeles « pour travailler au calme ». Il ne supporte pas de passer pour un déserteur : « Je ne suis pas parti aux Etats-Unis pour fuir les impôts ! » Daniel Auteuil, lui, s’était installé outre- Quiévrain, comme José Garcia. Moins ensoleillée que Monaco, la Belgique a, elle aussi, de beaux atours fiscaux : pas d’impôts sur les plus-values ni d’ISF, et ce à moins de deux heures de Paris. Mais Daniel Auteuil l’assure, étant resté résident français, il a « toujours payé ses impôts exclusivement en France ».

D’autres n’ont pas eu les mêmes scrupules, notamment les Robinson suisses : Alain Delon, Isabelle Adjani, Johnny Hallyday, Patricia Kaas ou Charles Aznavour y séjournent ou y ont séjourné. Exilé à Crans-Montana, ce dernier y profite de l’avantageux « forfait fiscal » helvétique qui allège de façon spectaculaire la facture des riches résidents non suisses. Ceux-ci bénéficient d’impôts très faibles dès lors qu’ils parviennent à démontrer qu’ils vivent la moitié de l’année dans la Confédération.

Johnny, lui, n’a jamais caché son aversion pour l’administration des impôts. Fervent supporter de Sarkozy en 2007, il avait annoncé qu’il reviendrait en France après l’adoption du bouclier fiscal. On l’attend toujours. Le rocker ne verse des impôts à l’Etat français que sur un quart de ses revenus (ceux perçus en France), estimés au total à plus de 5 millions d’euros en 2011 par capital (contrats publicitaires et dividendes inclus). Et s’acquitte d’un forfait fiscal de 720.000 euros par an dans son pays d’accueil. « On s’emmerde grave à Gstaad », avait ironisé son ami Michel Sardou. Peut-être, mais à moindres frais.

D’autres au contraire sont fiers d’enrichir les caisses hexagonales… y compris avec l’argent récolté hors de nos frontières. Tel David Guetta, qui déclarait il y a quelques mois qu’il trouvait « normal » de payer ses impôts en France même si 95% de ses revenus (3,2 millions estimés pour 2011) proviennent de l’étranger. Le DJ va-t-il changer d’avis ? Certains s’inquiètent de le voir bientôt s’installer à Londres.

Car, depuis la victoire de la gauche, les rumeurs les plus folles circulent sur la fuite éventuelle de nos VIP Christian Clavier est aperçu chez un conseiller fiscal ? Voilà qu’on l’imagine aussitôt sur le départ… (En octobre, il a déclaré s’être installé à Londres jusqu’à fin 2013, NDLR). Et même des soutiens people du « président normal » s’étranglent de rage contre sa taxe à 75%, que Jamel Debbouze juge « ridicule ». Certains d’entre eux finiront-ils par décamper ? Comme dirait Florent Pagny, porte-voix de la lutte contre le fisc, c’est leur liberté d’y penser…

La Suisse, l’autre pays des sportifs

En Suisse, on trouve des banques sûres, des montres de haute précision, du chocolat de grande qualité… et des tennismen français. Beaucoup. Arnaud Clément s’est installé à Genève, Richard Gasquet et Gilles Simon ont choisi Neuchâtel, Gaël Monfils a posé ses valises à Nyon. A un jet de caillou du lac Léman vivent également Marion Bartoli, Amélie Mauresmo, Julien Benneteau ou encore Guy Forget. Sans oublier le meilleur tennisman français, Jo-Wilfried Tsonga, qui a pourtant cru bon de se fendre fin juin d’une petite leçon de morale à l’endroit de l’équipe de France de foot à l’occasion de l’Euro 2012 : « C’est dommage pour la suite, pour les jeunes qui vont venir et qui vont avoir cet exemple-là et qui va empirer. »

Si le tennis fait figure de cas d’école en matière d’exil fiscal, Yannick Noah ayant ouvert la voie au début des années 1990, c’est parce que les prix octroyés aux vainqueurs sont devenus faramineux (1,2 million d’euros pour le lauréat de Roland Garros !), que les carrières au plus haut niveau ne durent pas plus d’une dizaine d’années, et que l’élite est restreinte. « Un joueur qui est 140e ou 150e au classement mondial et qui voyage tout au long de l’année perd de l’argent lorsqu’il joue sur le circuit », a assuré Guy Forget aux sénateurs qui l’auditionnaient le 19 juin, dans le cadre de la commission d’enquête sur l’évasion des capitaux.

Accueillante, la Suisse héberge beaucoup d’autres sportifs, tel le multichampion du monde de rallye, Sébastien Loeb. Pour se justifier, tous évoquent leur souci, tout à fait légal, d' »optimiser » des gains amassés sur une courte période. Mais aucun ne fait jamais mention de la formation et des moyens reçus de structures fédérales, donc publiques et financées par l’impôt, qui leur ont permis de faire éclore leur talent, raquette à la main ou ballon au pied… Et voilà qu’un nouveau spectre plane sur la Ligue 1 de foot : la fameuse taxe à 75% ! Zidane l’a récemment trouvée légitime… mais il vit en Espagne.

Le manager du PSG, Leonardo, a, lui, une excuse toute trouvée pour ses actionnaires qataris au cas où il ne parviendrait pas à faire débarquer au Parc des Princes cet été les stars internationales promises. Javier Pastore (350.000 euros mensuels !) l’a déjà qualifié de « folie » tandis que Carlo Ancelotti (6 millions d’euros annuels…) a pris une tête d’enterrement pour soupirer qu’il s’y plierait. Cette taxe va-t-elle provoquer un exode de stars ? L’argument serait audible… si celles-ci n’étaient pas déjà parties.

Un seul des dix sportifs français les mieux payés en 2011 exerce encore dans l’Hexagone : Yoann Gourcuff (6,8 millions d’euros). Tous les autres, de Franck Ribéry (11,4 millions) à Patrice Evra (6 millions) en passant par Tony Parker (11,2 millions) ou Karim Benzema (11 millions)… ne reviennent plus en France que quatre ou cinq fois par an, le temps d’honorer une sélection et d’entonner à pleins poumons : « Allons enfants de la patrie. »

Ecrivains, l’exil au bout de la plume

« C’est parfaitement normal. Plus on gagne d’argent, plus on paie d’impôts. » Début mars, Emmanuel Carrère, l’auteur de « Limonov », prix Renaudot et best-seller de l’année 2011, a remis les pendules à l’heure. Non, il n’a pas l’intention de quitter la France pour des cieux fiscaux plus cléments. Quelques jours auparavant, Nicolas Sarkozy l’avait cité comme un candidat potentiel à l’exil. L’ex-président prophétisait que la « démagogie insensée » des projets fiscaux de Hollande ferait fuir beaucoup d’auteurs, « pas simplement les chefs d’entreprise. Ce peut être un cinéaste, un acteur, un écrivain »…

Le problème, c’est que beaucoup n’ont pas attendu le débarquement socialiste pour passer la frontière. Depuis trois ans déjà, Marc Levy (1,5 million de livres écoulés l’an passé), le deuxième écrivain le mieux payé de France, derrière Guillaume Musso, s’est installé à New York, aux Etats-Unis, « un pays où la fiscalité est beaucoup plus lourde qu’en France », a-t-il récemment précisé au « Parisien ». Michel Houellebecq, prix Goncourt 2010 pour « la Carte et le Territoire », a opté, depuis le début du siècle, pour l’Irlande (une contrée réputée pour son hospitalité fiscale en matière de droits d’auteur) avec des allers-retours fréquents en Espagne.

Citons encore Christian Jacq, le chasseur de momies égyptiennes (« Ramsès », « les Mystères d’Osiris »), retiré en Suisse, du côté de Vevey ; Corinne Maier, qui a filé en Belgique après son premier best-seller (« Bonjour paresse ») et en a tiré le thème d’un nouvel essai (« Tchao la France »), ou Eric-Emmanuel Schmitt, le romancier-nouvelliste-réalisateur-essayiste-dramaturge-etc. L’auteur de « Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent… » se préserve des appétits du fisc français dans une tranquille maison bruxelloise. Il a même obtenu la nationalité de sa nouvelle patrie. La Belgique ?, avait-il indiqué au « Soir » : « Un pays chaleureux. Malgré son climat. »

(Article publié dans « le Nouvel Observateur » du 12 juillet 2012)