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Archives Mensuelles: février 2013

PDF Eco: TPE-PME : 63 000 entreprises menacées de faillite d’ici la fin de l’année!

Selon des chiffres dévoilés par RMC, 63 000 TPE et PME risquent de faire faillite d’ici la fin de l’année, mettant au chômage 300 000 personnes. Une situation qui empire, entre autres à cause de problèmes de trésorerie.

 

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Continental, Goodyear, les grandes entreprises à fermer des sites sont nombreuses, mais elles ne doivent pas cacher une autre réalité : 63 000 petites et très petites entreprises risquent de mettre la clé sous la porte d’ici la fin de l’année, entrainant dans leur chute 300 000 personnes, salariés et petits patrons. Ces chiffres, dévoilés pour la première fois par RMC, ont été réunis par le Cerf, (Créateurs d’emplois et de richesses de France), un syndicat de TPE qui regroupe 3 000 adhérents.

« On va encore augmenter le nombre de défaillances »

Président du Cerf, Hervé Lambel tire la sonnette d’alarme : « Les salariés plus leurs dirigeants, ce sont 300 000 personnes » menacées selon lui. « Sur l’année 2012, on était un peu plus de 200 000 auxquels il faut rajouter à peu près 60 000 chefs d’entreprise. Là, on va encore augmenter le nombre de défaillances. Et aujourd’hui, ça augmente aussi en taille : c’est-à-dire que ça ne concerne plus uniquement des TPE, mais on a encore plus de moyennes entreprises et d’entreprises de 2 000 ou 3 000 salariés qui sont impactées par cette crise ».

« Ma crainte, c’est que ces phénomènes s’amplifient »

Pierre Pelouzet est médiateur des relations inter-entreprises auprès du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Il incite les clients des entreprises à honorer leurs factures et pour lui, c’est sûr, la situation des petites entreprises ne s’améliore pas. « Mon premier indicateur, ce sont les problèmes de retard de paiement, qui deviennent catastrophiques. Quand vous devez payer une PME, on voit 30 jours de retard, il y a un an c’était 9 jours. A l’heure actuelle, il y a 11 milliards d’euros qui devraient être dans les caisses des TPE et PME et qui n’y sont pas à cause de ces retards de paiement ». Et Pierre Pelouzet n’est pas très optimiste pour cette année 2013 qui s’annonce morose : « Ma crainte, c’est que ces phénomènes s’amplifient. Mettre à mal ces entreprises pour des problèmes de trésorerie à court terme, c’est une catastrophe ». Pour éviter ce genre de problèmes, la Banque publique d’investissement problème de palier aux retards de paiement,a annoncé Ségolène Royal.

 

IMPÔTS: Comment le gouvernement va trouver 6 milliards d’euros pour 2014

Malgré la promesse de trêve fiscale avancée par François Hollande, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a admis lundi qu’il faudrait trouver « six milliards d’euros de recettes supplémentaires » l’an prochain. Pas de hausse d’impôts pour 2014 rassure le PS.

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Hier lundi, le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac a admis qu’il faudrait trouver « six milliards d’euros de recettes supplémentaires » l’an prochain pour compenser des rentrées d’argent attendues en 2013 mais qui ne se renouvelleront pas au-delà : « Des économies dans la dépense publique sont inévitables, nous avons commencé à en faire, nous continuerons à en faire, [mais] on ne peut se permettre d’avoir 6 milliards d’euros de recettes en moins par rapport à 2013. Il faudra donc les compenser », a-t-il martelé.

« Hausse d’impôts ou réduction de niches fiscales »

Le Parti socialiste, par la voix de sa porte-parole Frédérique Espignac, s’est efforcé d’éteindre le feu en réaffirmant que des économies budgétaires étaient indispensables mais qu’il n’y aurait pas de hausse d’impôts pour l’année 2014. Pourtant, selon l’économiste de l’OFCE Mathieu Plane, le gouvernement ne pourra pas éviter de nouvelles hausses d’impôts : « C’est obligatoire, le gouvernement doit trouver 6 milliards d’euros de nouvelles recettes fiscales, et donc bien sûr soit augmenter de nouveaux impôts, soit réduire certaines niches fiscales. Il y a notamment la question de la fiscalité de l’épargne,la fiscalité écologique, celles autour des plus-values, sur les successions… Il y a un certain nombre de choses qui sont évoquées et potentiellement envisageables, mais pour le moment rien n’est arrêté. En tous cas, 6 milliards d’euros, c’est pas négligeable ».

Du jamais vu sous la Ve République

Malgré la promesse de François Hollande, on se dirige tout droit vers de nouvelles hausses d’impôts l’année prochaine, alors que 2013 bat déjà tous les records. Les impôts devraient atteindre cette année 46,3% de la richesse produite. Du jamais vu sous la Ve République. En cause, la dette, bien-sûr, amplifiée par la crise, qui oblige l’Etat à réduire ses dépenses et à augmenter ses recettes, c’est-à-dire les impôts. Cette escalade fiscale avait commencé dès la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais la faible croissance a obligé le gouvernement à accélérer la cadence : impôt sur le revenu, taxe sur le tabac, impôts sur les sociétés… Au final, la pression fiscale a augmenté de près de 30 milliards d’euros depuis l’élection de François Hollande. Insuffisant toutefois pour remplir l’objectif de 3% de déficit à la fin 2013, voire même 2014. Il faudra donc trouver de nouvelles recettes.

 

PDF & le Football: Barça-Real, les racines de la rivalité!

Spectators hold up cards to form a giant Catalonian flag during the Spanish first division soccer match between Barcelona and Real Madrid at Nou Camp stadium in Barcelona

 

 

L’auteur de Clasico commente l’antagonisme entre Barça et Real, qui s’affrontent mardi.

« C’est la plus grande rivalité sportive de tous les temps. Parce qu’elle n’est jamais interrompue. Parce qu’elle se répète au moins deux fois par an depuis plus d’un siècle. » Voilà comme Thibaud Leplat, auteur deClasico : la guerre des monde* présente le match entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Cette affiche va même « se répéter deux fois » cette semaine, entre une demi-finale retour de Coupe du Roi, mardi (aller : 1-1) et le match retour de Liga, samedi (aller : 2-2). Cette rivalité, qui n’a pas d’équivalent historique (« à part peut-être Prost-Senna », admet l’auteur), se nourrit depuis des décennies d’épisodes tantôt cocasses, parfois politiques et souvent tendus. Et toujours dans les esprits. Revue de détails avec l’auteur de sept affaires capitales.

1943 : un 11-1 au drôle de goût. Quatre ans après la fin de la Guerre Civile, le Barça, vainqueur 3-0 à l’aller, s’incline sur le score de 11-1 en demi-finales retour de ce qui s’appelle à l’époque la Coupe de son excellence le Généralissime (Franco), devenue la Coupe du Roi.

Thibaud Leplat : « Lors de ce match, un militaire, directeur général de la sécurité, serait passé dans les vestiaires du Barça. Est-ce vrai ? Quand l’a-t-il fait ? Avant le match ? A la mi-temps ? On ne le sait pas. Mais ce qui est intéressant ici, ce n’est pas l’événement en lui-même mais le discours mythologique qui a été créé a posteriori. Il est une justification pseudo-historique de la persécution dont ont été victimes les Catalans. Faites l’exercice avec un supporter du Barça. Demandez-lui les racines de la rivalité avec le Real. Au bout de 3-4 minutes, il vous parlera de ce match-là, alors qu’à Madrid, on ne retiendra que la victoire et le score. Pour le Barça, ce match est un mythe qui sert à créer une identité. »

Barça-Real, les racines de la rivalité© MAXPPP

1953 : le transfert de Di Stefano. L’Argentin Alfredo di Stefano, meilleur joueur de son époque, doit rejoindre le Barça et la star hongroise Ladislao Kubala. Mais, après avoir passé plusieurs mois en Catalogne, Di Stefano signe finalement au… Real Madrid. Il y restera pendant onze saisons.

Thibaud Leplat : « Di Stefano, c’est un drame dans l’inconscient collectif de Barcelone. Avec Kubala, il devait être la star de la plus belle équipe du monde, de la meilleure de tous les temps. Mais il a troqué le blaugrana pour leblanco, en raison de l’intervention du régime franquiste. C’est un fait acté. Il est ensuite devenu le plus grand joueur de l’histoire du Real, a gagné cinq Coupes d’Europe des clubs champions d’affilée avec lesMerengue et il est devenu président d’honneur du club. A chaque fois que les Catalans voient Di Stefano, ils se disent : « il aurait dû être mon joueur ». C’est une névrose qui n’a pas de fin. »

1970 : la nuit de Guruceta. Battu 2-0 en quarts de finale aller de la Coupe, le Barça est condamné à réaliser une « remontada » (une remontée) au Camp Nou. Mais l’arbitre de la rencontre, Emilio Guruceta, brise leur élan en sifflant un penalty contestable pour le Real Madrid, qui tient le match nul (1-1) et la qualification.

Thibaud Leplat : « ce match est la première manifestation collective de rejet de l’ordre établi. On s’en prend à l’arbitre comme symbole du régime en place. Les Catalans se rebellent alors contre leur propre persécution. Je compare ce match au serment du Jeu de Paume. Ce n’est pas la révolution, mais la fin des privilèges, on va se donner une constitution, on va devenir nous-mêmes, c’est la naissance de la nation catalane au niveau du football. Ça arrive au début des années 1970, et ce n’est pas un hasard que ça arrive à cette période-là, période de revendications contre le pouvoir établi. »

1974 : la « manita » de Cruyff. Pour sa première saison sous les couleurs du Barça, Johann Cruyff mène le Barça à la victoire sur la pelouse du Real : 5-0, comme les cinq doigts de la main (« manita » en espagnol). Depuis, ce score est entré dans la légende des clasicos.

Thibaud Leplat : « Joan Laporta (ex-président du Barça, de 2003 à 2010, ndlr) en parle avec des larmes dans les yeux de ce match-là. Et tous ceux qui y ont assisté l’évoquent avec émotion. Un an après ce 5-0, le Real s’est imposé sur le même score. A 5-0, les joueurs du Real se sont arrêtés. Le 5-0, c’est de l’ordre du symbole, on n’est plus dans le rationnel. Les 5-0 correspondent souvent à des changements de cycle. Ça a été le cas avec Di Stefano (en 1953-54), avec Cruyff et avec Guardiola (en 2010-11). Le 5-0, c’est une claque, les cinq doigts de la main sur la joue. Et là, on sent qu’il y a en une qui va bientôt tomber… »

1992 et 1993 : les débâcles de Ténérife. Deux saisons de suite, le Real Madrid cède le titre de champion d’Espagne au Barça lors de la dernière journée, à Ténérife, sur les îles Canaries.

Thibaud Leplat : « On a parlé du cycle de la « Dream team » de Cruyff (1991 à 1994) mais deux des quatre titres de champion d’Espagne se sont joués sur un coup de dés. Quand j’ai rencontré (Manuel) Sanchis (ex-joueur du Real), il ne voulait pas en parler. A l’époque, ils perdent contre Ténérife, entraîné par Jorge Valdano, ancien joueur du Real. Le clasico, c’est toujours les mêmes personnages qui reviennent mais dans des contextes différents. C’est aussi pour ça que ça marche, comme les grandes sagas littéraires ou télévisées. »

Barça-Real, les racines de la rivalité© REUTERS

2000 : le traître Figo. Candidat à la présidence du Real, Florentino Perez met le transfert de Figo dans la balance. Il est élu et arrache le Portugais au Barça, dont il portait les couleurs depuis cinq saisons.

Thibaud Leplat : « L’affaire Figo, c’est un drame pour la Catalogne, c’est le club de la capitale qui embarque le meilleur joueur de l’équipe, le vice-capitaine, l’ami de Guardiola, qui a une fille née à Barcelone… La première image de Figo au Real, c’est lui qui présente le maillot avec à sa droite, Florentino Perez, et à sa gauche, Alfredo di Stefano. Imaginez le drame pour les supporters du Barça… Figo a été et reste détesté parce qu’il a été très aimé. Au Real, cela n’a pas posé de problème que Figo vienne du Barça. Il n’y a pas cette dimension idéologique ou identitaire que l’on retrouve en Catalogne. Le Real pense que chaque grand joueur peut et doit porter le maillot du Real. Et, dans le cas de Figo, si on peut le prendre au grand rival, c’est tout bénéfice. »

2011 : les 4 clasicos en 18 jours. Au printemps 2011, le Real et le Barça s’affrontent quatre fois en dix-huit jours, avec le match retour de Liga (1-1), la finale de la Coupe du Roi (1-0 a.p.) et les demi-finales de la Ligue des champions (0-2, 1-1). La rivalité entre les deux entraîneurs, Mourinho et Guardiola, atteint alors son apogée.

Thibaud Leplat : « Avec ces quatre matches, c’est le moment où la rivalité entre les deux clubs s’est la mieux incarnée, avec deux entraîneurs diamétralement opposés, les deux meilleurs joueurs du monde, Messi et Ronaldo, et deux styles de jeu totalement différents (offensif pour le Barça, défensif pour le Real, pour schématiser, ndlr). Avec Mourinho, le Real a signé un pacte avec le Diable. Le Real, avant tout un club de président et de joueurs-stars, est allé à l’encontre de ses principes pour faire signer un entraîneur charismatique et mettre fin à l’hégémonie du Barça. Finalement, Mourinho est parvenu à battre le Barça de Guardiola, d’abord en finale de la Coupe du Roi 2011 (1-0 a.p.) puis en devenant champion d’Espagne en 2012. A partir du moment où Guardiola a quitté la Catalogne, l’an dernier, Mourinho a perdu sa raison d’être. C’est pour cette raison que son départ du Real Madrid semble aujourd’hui inévitable. »

 

 

 

PDF: Economie française la triste réalité!

 

Le PDG de Titan tacle les « soi-disant ouvriers » de Goodyear Amiens.

Le délégué CGT se dit « insulté ».

L’info. Le style est direct et même… explosif. Le PDG de Titan international, société américaine spécialisée dans la fabrication des pneus agricoles notamment, qui a renoncé à reprendre l’usine de pneus Goodyear d’Amiens-Nord, raille dans un courrier adressé au ministre du Redressement productif « les soi-disant ouvriers » qui « ne travaillent que trois heures ».

La lettre du PDG de Titan est sans appel! La société française va t-elle ouvrir les yeux sur le monde ou continuer à penser que le reste du monde n’existe.

 

 

 

 

 

PDF: Le crédit Agricole, la banque qui investit dans votre région!

Crédit Agricole : perte record de 6,47 Mds

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La banque Crédit Agricole SA a dévoilé mercredi une perte nette record de 6,47 milliards d’euros sur son exercice 2012 et annoncé un nouveau plan d’économies de 650 millions d’euros à l’horizon 2016.

C’est le deuxième exercice déficitaire pour l’entité cotée de la banque verte, qui avait déjà affiché une perte nette de 1,47 milliard d’euros en 2011. Sans surprise, le conseil d’administration a décidé de ne pas proposer le versement d’un dividende, ce pour la deuxième année de suite également. A la différence de 2011, où le groupe dans son ensemble était resté bénéficiaire, l’ensemble de la banque intégrant 100% des caisses régionales est également en perte, à 3,80 milliards d’euros.

Sur le seul quatrième trimestre, la perte nette de Crédit Agricole SA atteint 3,98 milliards d’euros, soit plus que le consensus d’analystes établi par l’agence Bloomberg, qui tablait sur 3,69 milliards. A l’ensemble des éléments exceptionnels est, en effet, venu s’ajouter, début février, le refus de l’administration fiscale de permettre à la banque de déduire la perte constatée sur la cession de sa filiale grecque Emporiki. Cette décision a eu pour effet d’alourdir de 838 millions d’euros l’impact de la cession d’Emporiki, que Crédit Agricole avait chiffré à seulement 706 millions dans la facture de ses exceptionnels. Celle-ci comprenait déjà notamment 2,67 milliards de dépréciations d’écarts d’acquisition (goodwill) et 837 millions liés à la réévaluation de la dette de la banque. « Nous avons tourné la page et profondément transformé le groupe », a déclaré le directeur général, Jean-Paul Chifflet, lors d’une conférence téléphonique.

En marge de la publication de ses résultats, Crédit Agricole SA a annoncé mercredi le lancement d’un nouveau plan portant sur l’informatique, les achats et l’immobilier qui doit permettre d’économiser 650 millions d’euros sur l’ensemble du périmètre de la structure cotée.

Le communiqué ne précise pas quel pourrait être l’impact éventuel sur l’emploi. En 2012, la banque avait mené un plan d’adaptation qui avait entraîné la suppression d’environ 2.300 postes au sein de ses filiales CA CIB (banque de financement et d’investissement) et CA consumer finance (crédit à la consommation).

La banque Crédit Agricole SA a annoncé mercredi le lancement d’un nouveau plan portant sur l’informatique, les achats et l’immobilier qui doit permettre d’économiser 650 millions d’euros sur l’ensemble du périmètre de la structure cotée à l’horizon 2016.

L’établissement ne précise pas dans son communiqué quel pourrait être l’impact éventuel sur l’emploi. En 2012, la banque avait mené un plan d’adaptation qui avait entraîné la suppression d’environ 2.300 postes au sein de ses filiales CA CIB (banque de financement et d’investissement) et CA consumer finance (crédit à la consommation).

 

PDF: Le gouvernement et la croissance!

Une croissance révisée, ça change quoi ?

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François Hollande a confirmé mardi que la France n’atteindrait pas son objectif de 0,8 %.

L’INFO. Après des mois à marteler que la croissance de l’économie française serait bien de 0,8% malgré le scepticisme de tous les économistes, le gouvernement a effectué mardi un douloureux correctif : oui, la croissance française sera moins élevée qu’annoncé. Initialement prévue à 1,2% puis revue à 0,8%, l’hypothèse de croissance oscille désormais entre 0,2 et 0,3%. Un changement qui n’est pas sans conséquence.

Laurent Fabius© REUTERS

• Ce qu’en dit le gouvernement. « On va être obligés de la revoir en baisse », areconnu mardi Laurent Fabius sur RTL. Interrogé sur l’hypothèse d’une croissance de 0,2 à 0,3%, le ministre des Affaires étrangères a ajouté : « c’est autour de ce chiffre ». Le ministère de l’Economie Pierre Moscovici, n’a pas tardé à réagir, martelant que la nouvelle prévision n’était « pas encore arrêtée », sans pour autant démentir Laurent Fabius. Le Premier ministre lui a emboité le pas, déclarant laconiquement : « la Commission européenne dira vendredi quelles sont les prévisions de croissance pour la France et pour chacun des pays de l’Europe et le gouvernement annoncera ensuite les décisions qu’il prendra ». Mais quelques minutes plus tard, François Hollande a confirmé à Athènes que la France n’atteindrait pas son objectif de 0,8 % de croissance en 2013.
>> A lire aussi : Ça cafouille sur la croissance

• « C’était un secret de polichinelle ! ». Cet aveu du numéro deux du gouvernement n’a pas vraiment surpris les observateurs, et notamment Jacques Attali. « C’était un secret de polichinelle ! Depuis très longtemps, les agences, instituts de conjoncture, la Commission européenne, parlaient de 0,2, 0,3, certains disent même -0,5% », a-t-il réagi sur Europe 1. « Ça ne fait que confirmer que le redressement de la situation de l’Europe dans son ensemble est loin d’être au tournant », a ajouté l’économiste.

UN CHIFFRE ENCORE ABSTRAIT, DES CONSÉQUENCES BIEN CONCRÈTES

Jusqu'où grimpera le chômage ?© MAXPPP

• 64.000 chômeurs supplémentaires.Avec une prévision de croissance rabaissée de 0,5%, il est certain que l’économie ne créera pas de nouveaux emplois. Pire, elle risque d’en perdre : « lorsque vous perdez 1% de croissance, cela se traduit par 160.000 suppressions d’emplois », décrypte pour Europe1.fr Eric Heyer, économiste à l’OFCE. La nouvelle prévision de croissance est donc synonyme de 80.000 emplois supprimés, soit au moins 64.000 chômeurs en plus, en vertu de l’effet de flexion. Dans ce contexte, l’objectif de François Hollande d’inverser les courbes du chômage d’ici la fin de l’année parait compromis.
>> Michel Sapin : le chômage, une « bataille sur la durée »

• 9 milliards d’euros en moins dans les caisses de l’Etat. Moins d’activité économique, c’est aussi moins de recettes fiscales pour un Etat déjà au régime pour limiter ses déficits. « Un demi-point de moins de croissance, c’est 9 à 10 milliards (d’euros en moins pour l’Etat) », a précisé Stéphane Le Foll, mardi sur Europe 1. La France risque donc de ne pas respecter son engagement de limiter son déficit à 3% en 2013, ce qu’a déjà laissé entrevoir Laurent Fabius en déclarant « que c’est probable » que la France ne tienne pas ses promesses en la matière.
>> Zoom : Comment l’Etat entend faire des économies

Les Allemands aimeraient sortir de l'euro© MAXPPP

• Un nouveau tour de vis en perspective ? Si le gouvernement tient à respecter la feuille de route européenne, les solutions sont limitées : réduire les dépenses ou augmenter les recettes, c’est-à-dire les impôts et les taxes. Le gouvernement va-t-il donc annoncer denouvelles mesures pour trouver une dizaine de milliards d’euros ? « Si ce sont des économies sur les investissements, non, mais des économies sur le fonctionnement oui, que ce soit au niveau de l’Etat, au niveau des collectivités, au niveau de la Sécurité sociale », a répondu Laurent Fabius. Réponse fin mars, lorsque le gouvernement présentera son correctif budgétaire au parlement et sa feuille de route à la Commission européenne.