RSS

Archives Mensuelles: mars 2012

Ce qu’il faudrait vraiment faire pour réduire le déficit

François Fillon va dévoiler dans quelques heures les nouvelles mesures d’économies tenir les engagements de réduction du déficit public. L’ampleur de l’effort est chiffré à 15 milliards d’euros. Or il est possible d’en faire beaucoup plus.

Le Premier ministre Francois Fillon, accompagné du ministre de l’Economie François Baroin et de la ministre du Budget Valérie Pécresse, doit dévoiler mercredi 24 août à 18 heures des mesures nouvelles pour réduire le déficit.

 

François Fillon va détailler ce mercredi à 18 heures les nouvelles mesures d’économies prévues pour tenir les engagements de réduction du déficit public – 5,7% du PIB dès cette année, 4,6% l’an prochain et 3%, le seuil fixé par les traités européens, en 2013. Selon le gouvernement, l’effort nécessaire pour y parvenir correspond à 4 milliards d’économies supplémentaires cette année et 10 milliards l’an prochain. De ce qui a fuité dans la presse ces derniers jours, on connaît les principales pistes du gouvernement, à savoir un nouveau coup de rabot sur certaines niches fiscales et sociales et la d’une taxe sur les ménages les plus riches. De nombreuses voix s’élèvent déjà pour dire que ces mesures d’économies ne sont pas assez ambitieuses. Voici pourquoi.

Raboter toutes les niches fiscales

Au printemps 2010, le gouvernement avait annoncé un coup de rabot de 10% sur les niches fiscales. En réalité, seule une vingtaine – sur plus de 500 – ont été rabotées de 10%, alors que de nombreux parlementaires de la majorité plaidaient pour un coup de rabot généralisée. Celui-ci rapporterait, vu le coût des niches fiscales (75 milliards) et sociales (45 milliards), près de 12 milliards d’euros. Mais le gouvernement préfère, aujourd’hui encore, agir au compte-gouttes. Si le plafond global des niches, fixé à 6% du revenu plus 18.000 euros, pourrait être abaissé, seules quelques niches devraient subir un nouveau coup de rabot – de 10 ou 15%. Il s’agit notamment de réduction d’impôts au titre d’investissements dans l’immobilier (dispositif Scellier, PTZ, dispositif Bouvard, investissements dans les DOM, fin de l’abattement sur les plus-values de ventes des résidences secondaires, etc.).

Supprimer les plus coûteuses les moins efficaces

Depuis l’instauration de la défiscalisation des heures supplémentaires en 2007, l’opposition de gauche et les syndicats réclament sa suppression. Selon eux, le dispositif est coûteux (plus de 4 milliards d’euros de manque à gagner par an), rapporte peu de pouvoir d’achat, génère des abus et freine les embauches. Un diagnostic partagé par la Cour des comptes et confirmé par un récent parlementaire. Autre cheval de bataille de la gauche et de la Cour des comptes: la TVA réduite (5,5%) dans la restauration, entrée en vigueur en 2010. Cette niche coûte plus de 3 milliards d’euros par an et ses effets sur l’emploi et sur les prix à la consommation sont contestés. Autres pistes: le service de recherche économique de la banque Natixis vient de publier une étude  qui propose une liste de 17 niches fiscales susceptibles d’être supprimées, « sans effets dommageables à long terme sur l’économie française », assurent ses auteurs. Il s’agit par exemple, outre la TVA dans la restauration et la défiscalisation des heures supplémentaires, du taux réduit de TVA pour les travaux de rénovation, de la réduction d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile ou encore du régime du bénéfice mondial ou consolidé pour les entreprises. Gain attendu: 20 milliards d’euros. Las. Le gouvernement envisage de revenir seulement en partie sur la défiscalisation des heures supplémentaires, et seules quelques rares niches sont sur la sellette.

Taxer le capital à hauteur du travail

C’est ce que proposent les socialistes. Une autre étude économique de Natixis montre qu’aligner lla taxation du patrimoine des ménages sur celle des revenus (c’est-à-dire augmenter le taux de taxation du capital de 25 points) permettrait de dégager plus de 40 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires. Le gouvernement envisage de relever de 12,3% à 14% les prélèvements sociaux sur l’épargne (dividendes et plus-values), ce qui porterait le niveau global d’imposition (CSG+ impôts) à 33%, contre 41 pour le taux marginal de l’impôt sur le revenu.

Augmenter les impôts

En contrepartie de l’allègement de l’ISF voté dans le cadre de laréforme de la fiscalité du patrimoine en juin dernier, de nombreux parlementaires de la majorité – notamment le président de la commission des finances du Sénat, le centriste Jean Arthuis, et le président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, l’UMP Pierre Méhaignerie – pour la création d’une nouvelle tranche marginale de l’impôt sur le revenu, à 46% contre 41% aujourd’hui, pour les revenus supérieurs à 100.000 ou 150.000 euros. Cela rapporterait au moins 1 milliard d’euro chaque année. Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que les très riches allaient être mis à contribution pour réduire la dette de la France. Mais il semble privilégier une taxe symbolique alors que de nombreux ménages aisés échappent encore en grande partie à l’impôt grâce aux innombrables niches fiscales. La piste qui tient aujourd’hui la corde est une taxe de 1% à 2% sur les revenus dépassant un million d’euros par an. Cela concernerait 30.000 foyers et rapporterait 150 à 300 millions d’euros.

 

 

 

Essence : l’Etat veut puiser dans les réserves

 

Le gouvernement espère ainsi calmer la flambée des prix. Mais pour combien de temps ?

Sujet déjà sensible en temps normal, la flambée des prix de l’essence est devenue une priorité dans l’actuel contexte électoral. Le prix moyen du Sans plomb 95 frôle les 1,65 euro le litre et s’approche même dangereusement des deux euros le litre dans certaines stations parisiennes.

Le gouvernement a donc annoncé mercredi qu’il envisageait de puiser dans les réserves stratégiques du pays pour tenter de limiter l’inflation. Mais combien de temps cette solution peut-elle être viable ?

Puiser dans les réserves pour calmer les prix

Stimulé par une demande en hausse continue, notamment de la part de la Chine, les cours du pétrole ne cessent de grimper, une inflation aggravée par les tensions diplomatiques avec Iran, l’un des principaux pays producteur.

A la pompe, les prix affichés sont donc en nette hausse, ce qui alimente le mécontentement des consommateurs. Le sujet est d’autant plus sensible que la France, comme les États-Unis, sont en pleine période électorale. Les deux pays, avec la Grande-Bretagne, envisagent donc de puiser en même temps dans leurs réserves pour irriguer massivement le marché.

Le gouvernement veut « casser la spéculation »

« La France accompagne les États-Unis et la Grande-Bretagne dans les consultations de l’AIE (Agence internationale de l’énergie) qui pourraient permettre de puiser dans nos réserves énergétiques pour casser la spéculation », a confirmé Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement et ministre du Budget. « On peut dire que la France est sur tous les fronts s’agissant de cette question des prix du carburant, pour obtenir à très court terme une baisse des prix », a-t-elle insisté.

Le ministre de l’Énergie, Éric Besson, a confirmé le projet, précisant que « ce sont les États-Unis qui ont demandé et la France a accueilli favorablement cette hypothèse ». En parallèle, le gouvernement travaille « aussi à convaincre les pays producteurs d’énergie à mettre davantage de ressources sur les marchés ».

Une bulle d’air à très court terme

L’objectif est donc simple : augmenter massivement l’offre de carburants pour trouver un équilibre avec la demande et ainsi stabiliser les prix. Pour assouvir la soif d’essence, la France dispose d’environ 17 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers dans ses stocks stratégiques.

Ces 17 millions représentent tout de même 98 jours de consommation, un volume suffisamment massif pour influencer l’évolution des prix. Mais le gouvernement ne peut vider entièrement ce stock, censé être toujours prêt en cas d’urgence, un conflit ou un embargo par exemple.

L’effet escompté est de toute façon très relatif : la dernière fois que la France a puisé dans ses réserves, c’était le 23 juin 2011, lors de la guerre en Libye. Conséquence : une baisse des prix pendant trois jours, avant une nouvelle flambée des prix.

Des solutions à effet plus ou moins immédiat

Puiser dans les réserves stratégiques est donc une réponse à court terme qui a ses limites puisqu’il faut ensuite racheter du pétrole pour reconstituer les stocks. Et, de toute façon, les prix de l’essence sont amenés à atteindre de nouveaux sommets, la demande mondiale ne cessant de grimper.

D’autres pistes existent également, avec des effets plus ou moins rapides. Abaisser le niveau de taxation des carburants aurait un effet immédiat mais priverait l’Etat de ressources plus qu’essentielles en période de déficits chroniques. L’autre piste est à plus long terme : favoriser les économies d’énergies, tant dans l’automobile que l’habitat, mais les effets se feront ressentir bien après l’élection présidentielle.

 

Bercy prévoit 1,8% d’inflation pour 2012

 

Le ministère de l’Economie revoit en hausse sa dernière actualisation (+1,7%)…

Bercy indique ce soir que l’inflation, hors tabac, devrait s’inscrire à 1,8% en 2012. Le ministère de l’Economie a fait cette annonce après sa réunion avec la Commission économique de la Nation, un groupe d’économistes qui le conseille. Cette prévision est supérieure à ce qui avait été précédemment annoncé : la dernière actualisation de la stratégie pluriannuelle de finances publiques prévoyait une inflation hors tabac à 1,7% cette année. Sur la base de cette prévision, le ministre de l’Economie François Baroin et son homologue au Travail Xavier Bertrand indiquent dans un communiqué « qu’une revalorisation de 2,1% des pensions sera appliquée à compter du 1er avril prochain ». Les ministres précisent qu’à « la prévision d’inflation 2012, est ajouté l’écart entre l’inflation constatée en 2011 (+2,1%) et la prévision initiale pour 2011 (+1,8%), soit +0,3%. Cette revalorisation permet de garantir totalement le pouvoir d’achat des retraités »…

 

L’Europe pour briller: Prestataire du Futur soutien l’OM

 

C’est une phrase d’une banalité confondante, répétée à l’envi par Didier Deschamps depuis le début de la campagne, mais qui, dans le cas de l’OM, a son importance : La Ligue des champions «est une autre compétition» que le Championnat, et ce n’est pas plus mal. Le temps d’une soirée au moins (de deux voire plus s’ils n’hypothèquent pas leurs chances de qualification au Vélodrome), les Marseillais vont délaisser la morosité de leur quotidien pour retrouver la lumière plus conciliante de la C1. Celle qui parvient encore à les faire briller, même quand ils sont plongés dans le noir. Tombeur de l’Inter au tour précédent, le club phocéen était déjà dans le dur sur la scène nationale lorsqu’il a validé sa qualification pour les quarts sur la pelouse de San Siro. Situation inchangée ou presque depuis. Si le nul obtenu samedi à Nice (1-1) lui a permis d’enrayer sa série de sept défaites toutes compétitions confondues, on n’en est pas encore à écrire que l’OM se présentera face au Bayern dans la forme de sa vie.

Face à l’armada offensive du Bayern, boosté par la perspective d’une finale à domicile et auteur de 22 buts en cinq matches, il y a forcément de quoi s’inquiéterCette impression est inévitablement renforcée par les indisponibilités de Mandanda et de Diawara, tous les deux suspendus et même sérieusement blessé dans le cas du Sénégalais. Sans son portier, Marseille n’en serait certainement pas là aujourd’hui. Personne à Milan n’a oublié ses deux parades décisives devant Sneijder et Milito au match retour. C’est dire si son absence va peser, d’autant que son remplaçant Andrade ne présente aucune garantie à ce niveau, le Brésilien apparaissant même comme le numéro 3 dans la hiérarchie des gardiens avant que la fébrilité de Bracigliano contre Quevilly n’incite Deschamps à changer ses plans. Face à l’armada offensive d’un Bayern boosté par la perspective d’une finale à domicile et qui reste sur 22 buts marqués en cinq matches (!), il y a forcément de quoi s’inquiéter. Surtout si Loïc Rémy, toujours gêné par ses ischio-jambiers, venait lui aussi à déclarer forfait.

Six matches sans défaite face aux clubs allemands

 Alors qu’André Ayew tire lui aussi la langue (même si sa présence n’est, elle, pas remise en cause), à quoi les Marseillais peuvent-il se rattacher pour y croire ? A leur faculté de se sublimer lors des grands rendez-vous, sans aucun doute. A leur solidarité affichée face aux Nerazzurri et retrouvée samedi face aux Aiglons, certainement. Enfin, peut-être aussi aux chiffres. S’il n’a encore jamais affronté le Bayern en match officiel, l’OM reste sur quatre victoires et deux nuls lors de ses six précédentes confrontations contre des clubs allemands. Quant à Mario Gomez, dont la présence inquiète au moins autant que celle de Franck Ribéry – de retour au Vélodrome cinq après -, il n’a tout simplement jamais marqué à l’extérieur cette saison en C1. Attention : l’OM, qui n’avait plus atteint un stade aussi avancé de la compétition depuis 1993 (l’année de son sacre), sait mieux que quiconque que les séries finissent toujours par avoir une fin. En voilà au moins deux qu’il prolongerait bien.
 

Leçon d’économie

Parmi les innombrables messages qui circulent sur le Net, il en est un, ces jours-ci,  qui m’a beaucoup intrigué. Le voici: «Dans un village qui vit du tourisme, il n’y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables.  Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l’hôtel, qu’il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même  aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande; le paysan, à son tour se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l’hôtel pour rembourser à  l’hôtelier les chambres qu’elle louait à l’heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui  venait dire à l’hôtelier qu’il  devait repartir tout de suite,  ramasse le  billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette;  rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n’a de dettes. N’est-ce pas ainsi qu’on est en train de résoudre la crise mondiale?»

Ce texte étonnant appelle bien des commentaires :

-1.  Quel est le tour de passe-passe? Comment est-il possible de faire disparaitre l’ensemble des dettes de tout un village sans que personne ne dépense un sou (sauf  peut-être  l’hôtelier, qui a perdu la disposition de sa chambre pendant le temps,  même court, pendant lequel le client l’avait louée)? Tout simplement parce que, chaque villageois a une dette à l’égard d’un autre; de façon circulaire. Il  suffit donc, pour l’annuler  pour tous, de l’annuler pour chacun.

-2. La situation globale de l’économie réelle ressemble à la situation de ce village, car chacun, dans le monde, est à la fois créancier de l’un (au moins sa banque) et débiteur d’un autre (au moins une banque), et même de plusieurs autres. Et le total des dettes, par définition, est égal à celui des créances.

-3. Cette histoire donne une belle leçon d’économie: personne, dans  les institutions financières au moins, ne pense à rembourser sa dette; au contraire, beaucoup s’emploient, avec l’argent nouveau qu’ils peuvent recevoir, à en créer de nouvelles, pour eux-mêmes et pour d’autres.

-4. Si l’argent que distribue en ce moment de façon presque illimitée, dans chaque pays, la Banque Centrale (ici, le touriste) servait à rembourser les dettes de tous , et d’abord celles de l’Etat (ici, l’hôtelier),  plutôt qu’à en accumuler de nouvelles, en le dépensant, la crise pourrait etre résolue beaucoup plus vite et plus sainement qu’aujourd’hui, où le recul de la crise s’annonce comme la préparation d’une autre, bien plus terrible, par accumulation de dettes insurmontables.

-5. Peut être faudrait-il enseigner ainsi l’économie. Sans doute comprendrait-on mieux quelques idées simples. Et d’abord, que la priorité d’une économie saine, c’est d’utiliser l’emprunt pour investir, et pas pour consommer. Mais de cela, le système financier ne veut pas entendre parler. Même aujourd’hui, alors que la crise est encore intense, il n’a qu’une seule préoccupation: retourner au plus vite à son métier principal, endetter les autres, pour faire  le maximum de profits.

 

Se préparer au pire, pour l’éviter

Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer, de ne pas y penser.

Voici ce que serait son déroulement, en dix étapes :

1.   La Grèce, n’ayant plus les moyens de financer ses déficits, arrête de rembourser ses créanciers, de servir une partie de ses retraites, de payer une partie de ses fonctionnaires. Toutes les banques lui ayant prêtées et toutes les entreprises qui lui vendent des armes et autres produits de première nécessité subissent des pertes. La Grèce ne sort pas alors pour autant de la zone euro : aucun traité ne l’y contraint, ni même ne le rend possible ; de plus, nul ne peut forcer les Grecs à convertir les euros qu’ils détiennent en une drachme de moindre valeur.

2.   Pour renflouer ce pays, l’Eurozone refuse alors d’utiliser les maigres ressources du Fonds de Stabilisation Européen, et de créer des eurobonds (qui n’ont de sens qu’avec une fiscalité européenne, pour les rembourser, et un contrôle européen des déficits des budgets nationaux, pour éviter d’en faire un mauvais usage).

3.   Faute d’instruments financiers européens suffisants, les autres pays de l’Union abandonnent la Grèce à son sort.

4.   Les marchés, c’est-à-dire pour l’essentiel les préteurs d’Asie et du Moyen-Orient, s’inquiètent de cet abandon et font payer de plus en plus cher leurs capitaux au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie.

5.   La crise s’étend à la France, quand on réalise que sa situation financière n’est même pas aussi bonne que celle de l’Italie (dont le budget, hors service de la dette, est en excédent, à la différence de celui de la France), et quand on mesure que ses banques et compagnies d’assurances portent une large part de la dette publique des pays périphériques et détiennent encore massivement des actifs toxiques, sans valeur aujourd’hui.

6.   Pour éviter l’effondrement de ces banques, on cherche des actionnaires, privés ou publics. En vain : il faut trouver, pour les seules banques françaises, l’équivalent de 7% du PIB.

7.   En panique, la Banque Centrale Européenne consent alors un financement massif à ces banques, réglant une nouvelle fois un problème de solvabilité en fournissant de la liquidité.

8.   Horrifiée de ce laxisme, l’Allemagne sort alors de l’euro et crée un « euro+ », selon un plan déjà bien préparé qui, selon une banque suisse, coute à chaque citoyen allemand entre 6 et 8000 euros la 1ère année, puis 3500 à 4500 annuels.

9.   L’explosion de l’Euro révèle alors aux marchés que les banques anglo-saxonnes ne vont pas mieux, parce qu’elles ne se sont pas débarrassées, elles non plus, de leurs produits toxiques et parce que la bulle immobilière n’est plus là pour faire illusion.

10.   C’est alors l’effondrement du système financier occidental, une grande dépression, un chômage généralisé, et à terme, la remise en cause, même, de la démocratie.

On n’exorcise pas une telle tragédie en refusant d’y réfléchir. Et puisque les gouvernements ne semblent pas prêts à agir sérieusement pour l’éviter, pourquoi ne pas demander au Parlement européen de se réunir en session extraordinaire, de se déclarer « Assemblée constituante », votant la mise en place d’un véritable fédéralisme budgétaire, dont dépend la survie de tout ce que nous avons construit, depuis que l’Europe a renoncé à la barbarie. Il n’y a pas si longtemps.

 

Une entreprise qui va bien a-t-elle le droit de licencier ?

La Cour de cassation doit rendre mardi un arrêt qui inquiète déjà les DRH.

Une entreprise qui licencie sans raison économique valable devra-t-elle désormais réintégrer les salariés qu’elle a mis dehors ? Dans le droit, aujourd’hui ce n’est pas possible. Mais la Cour de cassation va rendre mardi après-midi un arrêt qui changer la donne. Et cette éventualité inquiète d’ores et déjà certains chefs d’entreprises et leur direction des ressources humaines.

A l’origine de ce débat : le plan de licenciement collectif annoncé il y a deux ans par la direction de Vivéo, une société spécialisée dans les logiciels bancaires. Ce plan de 64 suppressions d’emplois avait été contesté par les élus du comité d’entreprise en raison de l’absence, selon eux, de véritable motif économique. L’entreprise se portait bien. Elle venait simplement d’être rachetée par un concurrent qui, aussitôt après avoir récupéré le portefeuille de clients, avait décidé de se séparer d’une partie des équipes. Le nouveau propriétaire considérait que l’entreprise pouvait faire le travail avec ses effectifs propres.

Les juges, en première instance, avaient donné tort aux élus du comité d’entreprise. Mais la cour d’appel de Paris est allée dans le sens opposé : elle a considéré que le plan social de la direction n’avait aucune raison économique valable et l’a annulé.

Jusqu’alors, la justice n’annulait pas

Le fait que des juges puissent annuler un plan social est une nouveauté. Jusque-là, quand ils constataient qu’un plan de suppression d’emplois n’avait pas de justification économique, la seule option, une fois les licenciements prononcés, était de condamner l’employeur à indemniser les salariés pour le préjudice subi. Mais ils ne pouvaient pas annuler le plan social et ordonner dans la foulée la réintégration des salariés dans l’entreprise.

La Cour de cassation pourrait aller dans ce sens et confirmer la décision de la cour d’appel de Paris. Les avocats qui défendent les salariés dans ce type de dossiers fondent de grands espoirs dans la décision. « Qu’est-ce qui est préférable pour des salariés qui ont été licenciés de manière abusive ? Est-ce qu’il est préférable de percevoir des dommages et intérêts au bout de trois ou quatre ans de procédure, ou est-ce qu’il est préférable de rester dans l’entreprise en conservant son emploi ? », s’interroge Me Hervé Tourniquet, du barreau de Nanterre, au micro d’Europe 1.

« Normal d’acheter le droit de licencier abusivement ? » :

Selon lui, deux solutions s’offrent aux entreprises : « soit on accepte que le licenciement abusif a un coût provisionné dans les comptes des entreprises, soit on revient à un droit protecteur. S’il n’y a pas de motifs, il n’y pas lieu d’avoir un plan social », affirme Me Hervé Tourniquet.

« S’adapter à leur environnement concurrentiel »

En toile de fond, s’inscrit le débat sur les licenciements boursiers. En effet, certaines entreprises réduisent leurs effectifs, non pas parce qu’elles doivent faire face à des difficultés économiques, mais parce qu’elles veulent faire monter leurs cours de Bourse. Mais les avocats qui défendent les entreprises réfutent cette présentation, qu’ils jugent caricaturale.

« Si on réintègre les salariés, les employeurs, qui ont des difficultés économiques, vont voir leurs difficultés se creuser encore plus jusqu’à qu’elles ne puissent plus rien faire d’autre que de déposer le bilan, explique Me Etienne Pujol au micro d’Europe 1. Il fait partie d’Avocial, un réseau qui regroupe 350 avocats dans toute la France, spécialisé dans le conseil aux entreprises. « Si vous empêchez les entreprises de s’adapter à leur environnement concurrentiel en empêchant de licencier, elles auront encore plus de mal à recruter par la suite », ajoute-t-il.

Les avocats du réseau Avocial sont inquiets de la décision que pourrait prendre la Cour de cassation. Dans une lettre ouverte à tous les candidats à l’élection présidentielle, ils affirment qu’une telle évolution nuirait à l’attractivité économique de la France et à sa capacité à retenir ou créer des emplois.